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MA LETTRE A ANKARA

Chère Ankara,


Dans quelques jours, toi et moi, nous célébrerons un anniversaire, notre anniversaire, nos un an de vie commune. C’est le moment de te dire ce que je pense de notre relation, de ce qui nous unit, mais aussi de ce qui crée des tensions entre nous.

Tu es la capitale d’un pays dont je suis totalement tombée amoureuse dès que je l’ai rencontré et très vite, comme une évidence, j’ai su que je viendrai y vivre. Alors j’ai cherché du travail là où cela me semblait le plus facile, c’est-à-dire chez ta rivale Istanbul. Mais au final, c’est toi qui m’as choisie en m’offrant mon premier job ici. Je ne reviendrai pas sur ces mois difficiles et décevants, car ce n’est pas toi qui es responsable !

Ankara, aux pieds de la citadelle

Cela dit, au cours de ces mois je n’ai fait que passer à côté de toi, allant de chez moi au travail et du travail à chez moi, tellement épuisée que je ne pouvais pas te découvrir. Je t’ai négligée, trouvée inintéressante, me suis peu à peu désintéressée de toi et pour cela je te demande pardon. Car tu as beaucoup à offrir : tes musées, tes parcs, ta vie nocturne, tes cafés aux terrasses ombragées…

Et puis, en mai dernier enfin libérée de cet horrible job, j’ai commencé à te découvrir vraiment. Je suis allée me promener à Eymir Gölü, j’y suis retournée y faire du vélo, j’ai trouvé mon café favori, j’ai découvert le quartier d’Hamamönü... Bref, je me suis rapprochée de toi et tu m’as ouvert tes bras en m’offrant la possibilité de pouvoir rester un an de plus. Et pour cela, je te remercie.

Ankara, gençlik park

Et on peut dire que désormais notre relation se renforce, se développe chaque jour un peu plus. Mais cependant je voudrais te dire que la lenteur que tu m’imposes dans mes déplacements à cause de tes transports en commun pas franchement très pratiques, met souvent ma patience à rude épreuve ! Et puis il y a autre chose qui m’attriste, c’est que tu n’es pas toujours facile à rejoindre et quand mes ami.e.s veulent venir me voir, nous sommes obligé.e.s de préférer Istanbul, car elle est bien plus simple d’accès. Tu me diras : «Pfff… l’autre snobe anarchique et bondée, n’a pas ma classe et puis l’Anatolie, ça se mérite ! », et tu as raison.

Néanmoins je dois t’avouer quelque chose qui sans doute va te faire de la peine, et pour cela une fois encore je te demande pardon, mais je vais te quitter, dans quelques mois. Et c’est vers ta sœur rivale que je vais me tourner, c’est à Istanbul que je veux poursuivre mon aventure turque.

Oh non, ne me regarde pas avec ces yeux-là, avec ce frémissement dans la voix, je me sens déjà assez coupable parce que j’aime ton côté calme et tranquille et ta situation géographique, mais tu sais combien j’aime avoir de la visite et combien j’aime aussi me rendre chez mes ami.e.s.

Alors rassure-toi entre nous ça sera un divorce à l’amitié. Et en attendant notre séparation, on va s’aimer plus fort encore et se le dire plus souvent aussi ! Je vais parler plus de toi, dévoiler encore tous les secrets que tu as à me murmurer, tes petits recoins cachés que tu me laisseras doucement découvrir.

Oui, je vais partir mais je t’aime. Oui je vais partir mais je garderai une part de toi en moi. Oui je vais partir mais je reviendrai.


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